Diogène : quand le Lot-et-Garonne prend soin de l’incurie
Au-delà de l’insalubrité : redonner du sens aux situations d’incurie
Un article de Géroscopie revient sur le travail mené en Lot-et-Garonne autour des situations d’incurie et du syndrome de Diogène. L’occasion de questionner nos pratiques et de remettre la clinique au cœur de l’accompagnement.
Nous avons récemment eu la fierté de voir le travail mené en Lot-et-Garonne mis en lumière dans la revue Géroscopie (juillet / août 2025), à travers un article consacré à l’accompagnement des situations d’incurie et du syndrome de Diogène.
Cet article valorise une dynamique territoriale construite entre les CLSM et le DAC 47, qui a fait un choix important : ne pas se limiter à une lecture sociale de ces situations, mais y réintroduire pleinement une approche soignante et clinique.
En effet, sur le terrain, ces situations sont le plus souvent abordées sous l’angle du logement, de l’insalubrité ou des troubles de voisinage. Pourtant, comme le rappelle l’article, toute incurie n’est pas un syndrome de Diogène. Réduire ces situations à ce qui est visible, c’est risquer de passer à côté de leur dimension essentielle.
Car ce que nous rencontrons, ce ne sont pas seulement des environnements dégradés, mais des personnes engagées dans des comportements qui ont une fonction, que l’on peut entendre comme des formes de déplacement face à un mal-être souvent difficilement exprimable.
Dès lors, ne pas poser une évaluation clinique, c’est prendre le risque d’un accompagnement inadapté. Intervenir uniquement sur le lieu – nettoyer, sécuriser – ne suffit pas si l’on ne cherche pas à comprendre ce qui se joue pour le sujet. La distinction est donc essentielle : un trouble d’accumulation compulsive n’est pas un syndrome de Diogène, et toute incurie ne relève pas de la même organisation psychique.
Dans ce contexte, il est particulièrement encourageant de voir des équipes s’engager dans cette évolution. Le CMP de Bias, soutenu par le Dr Guétat, en est une illustration remarquable : une équipe engagée dans une démarche d’« aller vers », de mieux comprendre ces situations, et de réaffirmer la place du soin dans ces accompagnements complexes.
Ce travail nous invite collectivement à déplacer notre regard :
ne plus partir uniquement de la question du lieu ou du désordre, mais se demander
ce que ces situations viennent dire du sujet.
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